- Un message viral appelle à ne plus couper ses cuticules, avec des milliers de témoignages d'ongles abîmés et d'infections.
- La manucure russe, qui retire la cuticule à la fraise électrique, est au cœur des critiques des dermatologues.
- La cuticule protège l'ongle des bactéries : mieux vaut la repousser en douceur que la couper à vif.
C'est un petit geste que beaucoup d'entre nous font sans y penser en institut ou à la maison : couper la fine peau à la base de l'ongle. Pourtant, un message devenu viral vient de relancer un débat animé sur la question. L'idée de départ était simple : et si on arrêtait tout bonnement de toucher à ses cuticules ? En quelques heures, des milliers de personnes ont partagé leurs mésaventures, entre ongles fragilisés, saignements et petites infections après une séance un peu trop enthousiaste. De quoi se demander si ce réflexe beauté, si banal, n'est pas en réalité une fausse bonne idée.
Pourquoi ce message a-t-il autant parlé aux internautes ?
Tout est parti d'une publication très partagée, invitant à laisser les cuticules tranquilles plutôt que de les découper systématiquement. Le ton était direct, presque protecteur, et il a touché une corde sensible. En réponse, une vague de témoignages a déferlé : rougeurs persistantes, contours d'ongles douloureux, peau qui s'arrache et repousse plus épaisse, voire de vraies infections après un passage en salon.
@historicalfits worked at a nail salon for a year and i think they brainwashed me into cuticle cutting bc now that’s how i prep my own nails when before i never really cared
— marie antoinette at graceland (@victoriansecret) 6 septembre 2026
Au centre des critiques, on retrouve un mot qui revient sans cesse : la manucure russe. Cette technique très prisée pour son rendu net et longue durée consiste à retirer la cuticule à l'aide d'une fraise électrique et de petits ciseaux, sans trempage préalable. Le résultat est spectaculaire, la pose de vernis semi-permanent tient plus longtemps et la base de l'ongle paraît impeccablement propre. Mais entre de mauvaises mains, ou répétée trop souvent, elle peut virer au cauchemar. C'est justement ce contraste entre esthétique parfaite et risques réels qui a fait exploser la discussion.
À quoi servent vraiment les cuticules ?
On a tendance à voir la cuticule comme un défaut à gommer, alors qu'elle joue un rôle précis. Cette fine membrane forme un joint d'étanchéité entre la peau et l'ongle. Elle empêche l'eau, les bactéries et les champignons de se glisser sous la matrice, la zone où l'ongle se fabrique. Autrement dit, elle protège la partie la plus vulnérable de votre ongle.
Les dermatologues le rappellent régulièrement : couper la cuticule vivante, c'est ouvrir une petite porte d'entrée aux infections. Parmi elles, la paronychie, une inflammation douloureuse du pourtour de l'ongle qui peut gonfler, rougir et parfois suppurer. À force de retirer cette barrière, on peut aussi voir apparaître des ongles striés, des rebords qui s'épaississent et une peau chroniquement irritée. Le geste censé embellir finit par fragiliser durablement la main.
- La cuticule scelle la base de l'ongle contre les microbes.
- La couper à vif favorise les infections et l'inflammation.
- À répétition, elle repousse plus épaisse et plus sèche.

Faut-il jeter tout son matériel de manucure ?
Pas forcément. Les professionnels nuancent : il existe une différence entre repousser délicatement la cuticule et arracher de la peau vivante. Ce que la plupart des experts déconseillent, c'est la coupe agressive et systématique. En revanche, on peut tout à fait entretenir ses ongles sans les mettre en danger.
Le petit repli mort qui déborde parfois sur l'ongle, ce que l'on appelle les envies ou les peaux mortes, peut être délicatement retiré. Mais la vraie cuticule, elle, se contente d'être repoussée en douceur. Voici les gestes malins à adopter :
- Repoussez la cuticule avec un bâtonnet de buis ou un repousse-cuticule après la douche, quand la peau est souple.
- Hydratez chaque jour le contour de l'ongle avec une huile spécifique ou une goutte d'huile végétale.
- Évitez d'arracher les petites peaux : coupez-les proprement avec une pince désinfectée plutôt que de tirer.
- En institut, demandez qu'on repousse plutôt qu'on découpe, et vérifiez que le matériel est bien stérilisé.
Si vous êtes adepte du semi-permanent, gardez à l'esprit que la santé de l'ongle passe avant le rendu parfait. Certains composants font d'ailleurs débat, comme le rappelle notre article sur ce composant du vernis semi-permanent bientôt interdit. Une raison de plus pour privilégier la modération.
Le bon équilibre entre esthétique et santé
Ce débat viral a au moins un mérite : il nous pousse à regarder nos habitudes beauté avec plus de recul. Vouloir des mains soignées est parfaitement légitime, mais pas au prix d'ongles abîmés ou d'infections à répétition. L'idéal se situe dans la nuance : entretenir sans mutiler, embellir sans agresser.
Si vous constatez des rougeurs qui persistent, une douleur ou un gonflement autour d'un ongle après une manucure, mieux vaut consulter et laisser la zone au repos. Et si vous adorez le rendu ultra net de la manucure russe, espacez les séances et confiez-les à une professionnelle rigoureuse sur l'hygiène. Vos ongles, comme le reste de votre corps, vous remercieront de les traiter avec douceur. Parfois, le plus beau des soins consiste simplement à en faire un peu moins.





