Les commissures des lèvres fendues (perlèche ou chéilite angulaire) sont une inflammation des coins de la bouche, favorisée par la salive qui stagne dans le pli. Une levure (Candida albicans), une bactérie (souvent le staphylocoque doré) ou les deux sont fréquemment en cause. Elle toucherait environ 0,7 % de la population. Le traitement dépend de la cause : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin avant d’appliquer une crème.
Les coins de la bouche rougissent, craquent et piquent à chaque repas : la perlèche est une gêne fréquente, souvent négligée jusqu’à ce qu’elle devienne douloureuse. Ses causes sont variées (infection, irritation, carence, prothèse dentaire), et c’est la cause qui guide le traitement. Voici comment la reconnaître, la soigner et éviter qu’elle revienne.
Commissures des lèvres fendues : qu’est-ce que la perlèche exactement ?
La perlèche, ou chéilite angulaire, est une inflammation localisée au pli des commissures des lèvres. Elle se traduit par des rougeurs, des fissures, des croûtes et parfois des petits saignements quand on ouvre grand la bouche.
Le pli des commissures retient l’humidité, et la peau y est fine. La perlèche est le plus souvent bilatérale (les deux coins), mais un seul côté peut être touché. Elle est bénigne, mais elle gêne concrètement pour manger et parler.
Les symptômes s’installent progressivement : rougeur, puis fissures, croûtes parfois jaunâtres, sensation de brûlure ou de démangeaison. Le froid et l’air sec de l’hiver dessèchent les lèvres et poussent à les lécher, ce qui entretient le problème.
Dans les formes plus marquées, l’irritation peut déborder un peu sur la peau des joues ou du menton. Si vous voyez plutôt des petites vésicules groupées sur le pourtour des lèvres, pensez à un herpès labial et demandez un avis avant tout traitement.
Pourquoi les commissures des lèvres se fendent-elles ?
La perlèche résulte souvent de plusieurs facteurs à la fois. L’humidité permanente du pli fait macérer la peau, ce qui ouvre la porte aux micro-organismes : Candida albicans, staphylocoque doré, plus rarement streptocoque, seuls ou associés.

Les causes se répartissent entre infections et facteurs favorisants :
- Infection par une levure : Candida albicans, présent dans la bouche de nombreuses personnes en bonne santé, prolifère quand le pli reste chaud et humide.
- Infection bactérienne : le staphylocoque doré (croûtes jaune doré) ou le streptocoque, seuls ou associés à Candida.
- Carences nutritionnelles : fer, vitamines du groupe B (B2, B12, folates) ou zinc. Une perlèche qui récidive peut révéler une anémie.
- Facteurs mécaniques : prothèse dentaire usée ou mal ajustée, perte de dents qui creuse les plis, léchage répété des lèvres, salivation excessive, respiration par la bouche.
- Irritations et allergies : certains dentifrices, rouges à lèvres ou aliments peuvent irriter les commissures.
- Médicaments : une corticothérapie, des antibiotiques au long cours ou certains traitements qui assèchent la bouche (rétinoïdes oraux, par exemple) favorisent la perlèche.
- Terrain à risque : diabète, baisse de l’immunité (chimiothérapie, infection par le VIH, traitements immunosuppresseurs).
Qui est le plus exposé aux commissures fendues ?
- Porteurs de prothèses dentaires et personnes âgées : la perte de hauteur du bas du visage accentue les plis aux coins de la bouche, et une prothèse mal entretenue sert de réservoir à Candida.
- Jeunes enfants : bave, succion du pouce ou tétine entretiennent l’humidité des commissures.
- Personnes immunodéprimées : chimiothérapie, infection par le VIH, traitements immunosuppresseurs.
- Personnes diabétiques : le diabète mal équilibré favorise les infections à levures.
- Personnes atteintes d’eczéma ou à la peau très sèche : la barrière cutanée est plus fragile.
- Personnes carencées : régime très restrictif, troubles digestifs, règles abondantes à l’origine d’une carence en fer.
Perlèche ou bouton de fièvre : comment les différencier ?
La perlèche forme une fissure ou une croûte dans le pli des commissures. Le bouton de fièvre (herpès labial) commence par des picotements, puis forme des vésicules groupées sur le bord de la lèvre ou autour, et se traite différemment.

Confondre les deux retarde la guérison. Le tableau ci-dessous résume les principales différences :
| Critère | Perlèche (chéilite angulaire) | Bouton de fièvre (herpès labial) |
|---|---|---|
| Cause | Macération, levure (Candida) et/ou bactérie, facteurs favorisants | Virus herpès simplex (HSV-1 le plus souvent) |
| Localisation | Pli des commissures | Bord des lèvres et pourtour, parfois une commissure |
| Aspect | Rougeur, fissure, croûte | Vésicules groupées, puis croûte |
| Traitement | Selon la cause : antifongique, antibiotique local, crème barrière | Crème antivirale (aciclovir 5 % ou docosanol 10 %) dès les premiers signes |
| Contagiosité | Faible | Élevée (contact direct, bisous, objets partagés) |
Une crème antifongique n’agit pas sur un herpès, et une crème antivirale n’agit pas sur une perlèche. En cas de doute, montrez la lésion à votre pharmacien ou à votre médecin : un examen visuel suffit généralement à orienter le diagnostic.
Quels traitements pour soigner les commissures des lèvres fendues ?
Le traitement repose sur deux piliers : protéger la peau du pli et traiter l’infection quand il y en a une. Une crème barrière (vaseline, baume gras) aide dans tous les cas. Une infection à levure se traite par une crème antifongique de la famille des imidazolés (éconazole, miconazole…), une infection bactérienne par une pommade antibiotique prescrite par le médecin.
Comme les deux types d’infection sont souvent associés, le médecin peut prescrire une crème combinant plusieurs actions. Ne mettez pas de crème à la cortisone sans avis médical : elle peut aggraver une infection non traitée.
| Type de traitement | Exemples | Indication |
|---|---|---|
| Crème barrière | Vaseline, baume gras | Toutes formes, protection et prévention |
| Antifongique local | Imidazolés (éconazole, miconazole…) | Perlèche à Candida, sur conseil du pharmacien ou du médecin |
| Antibiotique local | Pommade sur ordonnance | Perlèche bactérienne (staphylocoque, streptocoque) |
| Crème associant plusieurs actions | Sur prescription | Infection mixte ou inflammation marquée |
| Traitement de la bouche | Antifongique buccal, désinfection de la prothèse | Mycose buccale associée qui réinfecte les commissures |
| Compléments | Fer, vitamines B, zinc | Seulement si une carence est confirmée par une prise de sang |
Les remèdes de grand-mère (miel, huile de coco, aloe vera) peuvent apaiser la peau, mais ils ne traitent pas une infection installée. Ils ne remplacent pas un traitement adapté si la perlèche ne s’améliore pas en quelques jours.
Protocole de soins étape par étape
- Étape 1, l’avis d’un professionnel : pharmacien, médecin traitant, dermatologue ou chirurgien-dentiste peuvent identifier la perlèche à l’examen. En cas de récidive, un prélèvement et une prise de sang aident à trouver la cause.
- Étape 2, le traitement local : appliquez le traitement conseillé ou prescrit pendant toute la durée indiquée, même si l’aspect s’améliore vite, et protégez la zone avec une crème barrière.
- Étape 3, la cause de fond : correction d’une carence confirmée, ajustement ou remplacement de la prothèse dentaire, équilibre du diabète, arrêt du léchage des lèvres.
Avantages et limites des traitements des commissures fendues
Bien ciblés, les traitements de la perlèche sont efficaces et simples. Les récidives viennent surtout d’un traitement arrêté trop tôt, d’une confusion avec l’herpès ou d’une cause de fond restée sans prise en charge.

- Amélioration rapide quand le traitement correspond à la cause
- Crèmes barrières et certains antifongiques disponibles en pharmacie sans ordonnance, sur conseil
- Diagnostic le plus souvent possible à l’œil nu
- Prévention simple au quotidien
- Récidives fréquentes si la cause de fond (prothèse, carence, diabète) persiste
- Confusion possible avec l’herpès labial ou un eczéma
- Rechutes si le traitement est arrêté dès les premiers progrès
- Perlèche chronique qui peut révéler une maladie générale et justifie un bilan
Prévenir les commissures des lèvres fendues : les bons gestes au quotidien
La prévention vise surtout à garder les commissures au sec et protégées. Une bonne hygiène bucco-dentaire, l’entretien des prothèses et une alimentation variée font le reste.

- Brossage des dents : deux fois par jour, deux minutes, pour limiter les micro-organismes dans la bouche.
- Visite chez le chirurgien-dentiste : au moins une fois par an, pour vérifier l’état des dents et des prothèses.
- Arrêt du léchage des lèvres : la salive fait macérer la peau des commissures.
- Protection des lèvres : un baume ou une fine couche de vaseline, surtout en hiver et la nuit.
- Entretien des prothèses : nettoyage quotidien, retrait la nuit si le dentiste le conseille, ajustement dès qu’elles irritent.
- Alimentation variée : sources de fer (viande, poisson, légumineuses) et de vitamines B (céréales complètes, œufs, légumes verts).
- Médicaments : si vous suivez un traitement au long cours (corticoïdes inhalés, par exemple), rincez-vous la bouche après usage quand c’est recommandé et parlez des perlèches à votre médecin.
En hiver, gardez un baume à lèvres sur vous et appliquez-le après les repas et avant de sortir au froid. Ce geste simple limite les fissures, surtout si vous avez déjà eu une perlèche.
Quand faut-il consulter un médecin ?
- pas d’amélioration après une à deux semaines de soins adaptés ;
- récidives fréquentes ;
- lésion qui saigne, s’étend ou ne ressemble pas à une simple fissure ;
- fatigue, pâleur ou autres signes pouvant évoquer une anémie ou un diabète ;
- chez un nourrisson, une personne immunodéprimée ou une femme enceinte, avant toute crème.
L’essentiel : agir vite et traiter la bonne cause
La perlèche guérit bien quand on identifie sa cause : levure, bactérie, irritation ou carence. Protégez les commissures avec une crème barrière, suivez le traitement conseillé jusqu’au bout et demandez un avis en cas de doute ou de récidive.
Pour éviter qu’elle revienne, corrigez ce qui l’entretient : léchage des lèvres, prothèse mal ajustée, carence confirmée, diabète déséquilibré. Une visite annuelle chez le dentiste reste une bonne protection.
Questions fréquemment posées
Quelle est la cause principale des commissures des lèvres fendues ?
La perlèche naît le plus souvent de la macération : la salive stagne dans le pli des commissures. Une levure (Candida albicans), une bactérie (souvent le staphylocoque doré) ou les deux s’y développent alors. Prothèse mal ajustée, léchage des lèvres et carences sont des facteurs favorisants fréquents.
Comment soigner rapidement une perlèche ?
Protégez la zone avec une crème barrière et demandez conseil à votre pharmacien. Si une levure est en cause, une crème antifongique imidazolée est souvent proposée ; une infection bactérienne nécessite une pommade antibiotique prescrite par le médecin. Il faut aussi corriger ce qui entretient la perlèche.
Combien de temps dure une perlèche sans traitement ?
Elle peut durer de quelques jours à plusieurs semaines, et devenir chronique si sa cause persiste. Avec un traitement adapté, l’amélioration est généralement nette en une à deux semaines. Sans progrès, il faut consulter.
Pourquoi les commissures des lèvres se fendent-elles en hiver ?
Le froid et l’air sec dessèchent les lèvres et favorisent les microfissures. Le réflexe de se lécher les lèvres aggrave le phénomène, car la salive fait macérer la peau des commissures. Un baume protecteur appliqué régulièrement limite ce cercle vicieux.
Est-ce que des carences alimentaires peuvent provoquer des lèvres fendues aux commissures ?
Oui, les carences en fer, en vitamines du groupe B ou en zinc font partie des causes connues, surtout quand la perlèche récidive. Seule une prise de sang permet de confirmer une carence : évitez de vous supplémenter au hasard.
Comment distinguer une perlèche d’un bouton de fièvre ?
La perlèche forme une fissure ou une croûte dans le pli des commissures. Le bouton de fièvre, dû au virus herpès simplex, commence par des picotements puis forme des vésicules groupées sur ou autour des lèvres. L’herpès se traite par une crème antivirale appliquée dès les premiers signes, la perlèche selon sa cause.



