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« Mankeeping » : gérer la vie sociale de son mec épuise ?

Stephanie

Par Stephanie

· 5 min de lecture

« Mankeeping » : gérer la vie sociale de son mec épuise ?

Organiser les sorties, entretenir ses amitiés, jouer les GO du couple : une étude baptise ce travail invisible « mankeeping » et pointe son coût sur nous.

  • Un nouveau concept, le « mankeeping », désigne le travail invisible que fournissent des femmes pour gérer la vie sociale et amicale de leur partenaire.
  • Une étude publiée le 18 septembre relie ce phénomène à davantage de fatigue, de burn-out et de moindre satisfaction dans le couple.
  • La solution ne consiste pas à tout lâcher du jour au lendemain, mais à rééquilibrer la charge et à laisser l'autre reprendre la main.

Vous connaissez sûrement ce petit manège : c'est vous qui rappelez l'anniversaire de son meilleur ami, vous qui proposez « et si on invitait les copains à dîner ? », vous qui remarquez qu'il n'a pas vu ses potes depuis des mois et le poussez gentiment à les recontacter. Ce travail discret porte désormais un nom : le « mankeeping ». Le mot circule beaucoup en ce moment, et il ne vient pas de nulle part : une étude parue le 18 septembre lui donne une assise scientifique, en reliant cette gestion sociale invisible à un vrai risque d'épuisement.

Le « mankeeping », c'est quoi au juste ?

Le terme mélange « man » (homme) et « keeping » (entretenir, maintenir). Il décrit le fait, pour une femme en couple hétérosexuel, de porter la vie sociale de son partenaire : organiser les sorties, entretenir le lien avec sa famille et ses amis, l'encourager à renouer avec des copains perdus de vue, écouter et absorber ses états d'âme. Bref, faire tourner sa vie relationnelle... sans qu'il ait rien demandé.

Le sujet a explosé après qu'un post consacré à ce travail invisible a rassemblé des milliers de réactions, entre femmes qui se reconnaissaient à 100 % et internautes plus sceptiques.

Pour mesurer le phénomène, des chercheurs ont mis au point une « échelle de mankeeping » à partir d'un sondage mené auprès de centaines de femmes aux États-Unis et au Royaume-Uni. Résultat : plus le score de mankeeping est élevé, plus les niveaux de stress, de charge mentale et de burn-out grimpent, tandis que la satisfaction dans la relation, elle, diminue. Le lien est particulièrement marqué chez les femmes qui adhèrent à une vision traditionnelle des rôles au sein du couple.

Pourquoi ce rôle retombe si souvent sur nous ?

Le fond du problème dépasse le couple. Les données montrent que les amitiés masculines proches se sont nettement raréfiées au fil des décennies. Résultat : beaucoup d'hommes se retrouvent avec un cercle social réduit, et la partenaire devient leur principal, parfois leur unique, confident et exutoire émotionnel.

Ce glissement a un coût. Être la seule oreille de quelqu'un, c'est encaisser toutes ses frustrations, jouer la thérapeute, la secrétaire sociale et l'organisatrice, en plus de sa propre vie. Cette forme de travail émotionnel s'ajoute à une charge mentale déjà bien connue des femmes, celle qui consiste à penser à tout, tout le temps, à la maison comme dans la logistique familiale.

Attention : reconnaître le mankeeping ne revient pas à dire que prendre soin de l'autre serait mauvais. Le soin, l'attention, l'écoute font partie de l'amour. Le souci commence quand ce soin devient à sens unique, invisible et non réciproque, au point de vous vider.

Une femme organise l'agenda pendant que son partenaire se détend en arrière-plan

Comment repérer que la balance penche trop ?

Quelques signaux doivent alerter, surtout s'ils se cumulent :

  • Vous êtes la seule à initier les moments sociaux, les siens comme les vôtres.
  • Vous portez mentalement la liste de ses relations : anniversaires, nouvelles des uns et des autres, réconciliations à provoquer.
  • Vous vous sentez épuisée après une conversation où vous n'avez fait qu'écouter et rassurer.
  • Vous avez l'impression que sans vous, sa vie sociale s'effondrerait, et cette idée vous pèse.
  • Vous délaissez vos propres amitiés faute d'énergie.

Si plusieurs de ces phrases vous parlent, il ne s'agit pas d'être « trop sensible » : c'est le signe d'une charge réelle, même si elle ne se voit pas. Cette fatigue silencieuse ressemble d'ailleurs à ces épuisements diffus qu'on ne s'explique pas toujours, comme lorsqu'on dort dix heures et qu'on se réveille quand même vidée.

Rééquilibrer sans culpabiliser

Bonne nouvelle : reconnaître le mankeeping, c'est déjà commencer à s'en libérer. Quelques pistes concrètes, à adapter à votre situation.

Nommer les choses. Beaucoup de partenaires n'ont tout simplement pas conscience de ce que vous portez. Un échange calme, sans reproche, du type « j'aimerais qu'on partage la charge d'organiser nos soirées », change souvent la donne.

Laisser un vide se créer. Le réflexe naturel est de tout anticiper. Or, si vous cessez de rappeler à sa place l'anniversaire de son ami, il y a de fortes chances qu'il finisse par s'en occuper. Laisser l'autre reprendre la main est parfois le seul moyen qu'il la reprenne vraiment.

Encourager ses amitiés sans les gérer. Il y a une différence entre soutenir un homme qui renoue avec ses copains et devenir l'agence événementielle de ses relations. Vous pouvez l'encourager, pas le faire à sa place.

Réinvestir vos propres liens. Retrouver vos amies, vos loisirs, vos moments à vous, c'est une façon puissante de recharger vos batteries et de sortir du rôle de pilier unique. Ce temps pour soi, façon petite marche qui apaise ou soirée entre copines, n'est pas égoïste : il est vital.

Le « mankeeping » n'est pas une accusation lancée aux hommes, ni une injonction à cesser de prendre soin de ceux qu'on aime. C'est surtout un mot qui met en lumière un travail longtemps resté invisible, et qui permet enfin d'en parler. Parce qu'une relation équilibrée, c'est celle où le soin circule dans les deux sens, et où personne ne s'épuise en silence à faire tenir le monde social de l'autre.

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Stephanie

À propos de l'auteure

Stephanie

Passionnée par la beauté et le bien-être, experte en soins. Ancienne professionnelle ayant travaillé avec des spécialistes en région parisienne, Lyon et Aix-en-Provence.

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